( 30 septembre, 2010 )

L’art funeste

Prendre la mort comme une mère,
le nec le plus ultra, un repère.
Ne jamais avoir peur
même si les situations sont de pures froideur.

Prendre la mort comme amante,
lui faire l’amour, lui dire qu’elle est bienfaisante.
Sans jamais avoir de crainte
sans jamais avoir recours aux écritures saintes.

Prendre la mort comme femme
la traiter avec tout le respect dû à une dame
sans jamais avoir d’angoisse
même si vous sentez que ,prend possession de vous, la poisse.

Prendre la mort comme une sœur,
la cajoler quand des fois elle à des frayeurs
(n’entrez pas dans une intense stupeur,
des fois la mort à peur)
sans jamais essayer de la bousculer ou lui faire du tort
ou encore au macho, au plus fort.

Fréquenter les endroits réputés dangereux
jouer avec les choses les plus effrayantes sans être peureux
souhaiter des accidents, vouloir le suicide
demander à la nature que quelqu’un vous trucide.

Lui chanter des berceuses
car des fois, elle est triste et malheureuse
arracher tout ce qui gêne
ou plutôt tout ce qui à tendance à faire de la peine.

Tuer et boire le sang de sa victime*.
Aider un vieillard à franchir la dernière étape n’est un crime,
apaiser les douleurs d’un père meurtri
aider un soldat indécis

envoyer au repos une mère épuisée
supprimer un(e) gosse drogué
épurer une race impure
débarrasser la terre de la crasse, ce n’est pas une injure
(au contraire)

faire tout cela avec douceur ou brutalité;
selon le cas il faut le préciser:
car tout funèbre n’a pas le même contexte funeste
il faut savoir faire les nécessaires gestes

demander à la nature de vous mettre en danger
et prouver à tous que parce que vous êtes imprégné
de la mort, vous pouvez tout esquiver.

Bref, il faut vivre la mort,
S’alimenter de l’au-delà,
s’en fariner du trépas
et vous vous sentirez fort.

C’est cela L’ART FUNESTE,
la proximité avec le funeste.
Le suicidé ne s’ôte pas la vie:il abrège ses souffrances
c’est aussi ainsi que le tueur ne tue pas :il rend service.

L’ART FUNESTE, c’est toutes les morts en une.
C’est l’éloge, la panégyrie, l’apologie de la mort

Ross Patrick Hartnett

Pas de commentaires à “ L’art funeste ” »

Fil RSS des commentaires de cet article.

Laisser un commentaire

|